Avant première MAG

Posté par admin on September 20, 2017

Les rêvasseries du Hogon.

 

Raphaël Hansenne m’a fait découvrir cette phrase attribuée à Christophe Colomb. Un gars qui devait en connaître un bout sur l’aventure et le voyage. Une phrase qui en dit long à l’heure où les hommes (…et les femmes, bien sûr, ne faisons pas de discrimination) ne supportent plus la moindre parcelle d’inconnu.

 

Bizarre tout de même quand personne,…même pas le Pape ou le Dalai-Lama, ne sait quand il va quitter cette terre pour un monde qu’on dit toujours meilleur. Il n’y a donc aucune raison de se tracasser. Le hasard a toujours plus de chance de gagner que la raison.

 

Pourtant, plus que jamais, notre société ne pense qu’à programmer, légiférer, disséquer,...condition sine qua non pour trouver son compte de réussite et son aune de bonheur.

 

Moi, dans ce monde là, quitte à me faire taxer de naïf et ringard, je préfère endosser l’armure de Don Quichotte. Prenez le trail par exemple. Ce fut toujours un plaisir d’utiliser cette arme pour découvrir une région, se perdre un moment, retrouver la bonne route, râler puis sourire à nouveau, finir pas ne plus savoir dans quelle galère on s’est embarqué, pleurer un peu puis sourire à jamais,… Et les meilleurs souvenirs correspondaient bien plus à un quelconque égarement qu’à une performance éphémère sur un tableau Excel. Certes, je n’ai jamais été que sur la dernière feuille d’un classement affiché au tableau de la reconnaissance.

 

Mais même les meilleurs se voient refuser le droit d’un bonheur partagé.

 

Ainsi, lors du dernier championnat national, Olivier Remacle et Nicolas Bucci se sont vus refuser le droit à une première place partagée, main dans la main. Premier Bucci. Deuxième Remacle.

 

Commentaire de Roger Igo, responsable du trail à la fédération : « Un vrai sportif doit défendre ses chances jusqu’au bout ».

 

Non et non !!!!

 

Pour les pontes de notre fédération, il est inconcevable de se respecter à ce point. Il est inconcevable de ne pas chercher à terrasser l’autre. A moins que ce ne soient les frais engagés dans une deuxième médaille d’or qui ne les effraie au plus haut point. Et le sieur Roger Igo d’en remettre une couche alors qu’il étale aussi ses compétences d’entraîneur dans les colonnes du magazine Zatopek réputé pour défendre le sport pour tous.

 

Plus rien ne nous étonne… A notre petit niveau d’organisateur de trail de village, en l’occurrence de Trail du Pays de Herve, on n’a pas les compétences pour donner la leçon. On peut juste murmurer qu’on a envie de faire découvrir des paysages, de donner du plaisir aux coureurs, de faire la fête après et d’engranger des sacrés souvenirs. Mais on n’est pas au point pour le site internet, le dénivelé au mètre près, l’attribution des points pour les grands trails de référence, les coupes et les médailles,…Et on a même une garderie pour les enfants… On a juste quelques Célestes à partager, des fromages de Herve à faire flairer les doigts, des musiques de rebelles et des paroles à la Damien Saez, des folies de gamins, des retours en arrière,…

 

J’ai l’impression que demain, pour sauver notre monde, il faudra inventer le label « Trail à l’ancienne ». Pas une récupération à la manière de la fédération mais une vraie proposition de cœur. Y’a du boulot entre les papys de l’athlétisme qui trônent avec autant de galons que les grognards de 14-18 et les promoteurs des parcours du combattant moderne où plus tu payes, plus on t’enfonce la tête dans la merde !